Se mettre dans la peau d’un(e) Irlandais(e) d’antan et vivre son quotidien dans un petit(tout petit) cottage traditionnel à toit de chaume.
La vie se résume à peu de choses.
Retour aux sources. Loin de la Wi-Fi et autres tentations électroniques. Au milieu des crinières des chevaux et de la laine des moutons, derrière
le « Mamore Gap » et devant l’écume blanche de la mer.
Quel bien être !
Pas de bruit - plus de bruit, le calme avant la tempête, la lumière éblouissante du soleil perçant.
Quelques minutes d’apaisement.
La blancheur éclatante d’une Vierge accrochée à son roc. Celle de la chaux des habitations qui indique au passant, aveuglé par les ténèbres, qu’il n’est pas seul. Qu’il ne l’est plus.
Le crépitement de la tourbe dans la cheminée,
le souffle du vent dans les fenêtres à guillotine, le craquement des poutres de bois.
Ce ciel si bas, si changeant et parfois si noir, allait-il nous tomber sur la tête ?
L’odeur d’une soupe chaude, le bruit des pages de nos romans, la respiration d’un enfant dormant comme un ange …
Le bonheur de se retrouver là, en cette fin octobre 2008, tous les 3 pendant 3 jours, perdus dans ce Donegal austère et rude, situé a l'extreme Nord de l’Irlande, ou nous étions seuls.
Authenticite de la Vie. Vivre d’amour et d’eau fraiche. Très simplement.
Toutes les bonnes choses ont une fin...Mais ce qui est génial, c'est que le
compte à rebours de notre prochaine venue en France est déjà en marche !! Nous voilà de retour au bercail après un "french" break de 3 semaines entre la Toscane, le Lot, le Bordelais,
la Charente et notre chère Normandie... laquelle nous a permis de glisser doucement (mais surement) vers le climat irlandais ! Apres ce temps rempli de joie des
retrouvailles familiales et amicales, le retour fut - on s'en doutait - comme le temps : un peu morose...avec cette impression de "trop peu" : nous n'avons meme pas
été rassasiés de soleil et de chaleur que nous voici déjà sous la pluie et le vent. Ah ce climat irlandais, ses caprices sont parfois difficiles à accepter !!
Nous revoilà donc à Wellington Road, la tête remplie de mille souvenirs estivals et pétris d'enthousiasme pour notre 2eme rentrée irlandaise.
Alors, cette année, nous ferons tout ce que nous n'avons pas encore fait en Irlande : découvrir le Donegal, assister aux fameuses courses de lévriers au Shelbourne
Park, aller à un match de Football Gaelique, écouter des concerts de musique celtique, aller voir à Crock Park l'une des rencontres du Tournoi des Six Nations, visiter le
musée de l'époque Géorgienne et le Musée d'Art Moderne de Dublin, profiter davantage de Dublin by Night, aller dans le County de Cork, louer le temps d'un week-end un Cottage
de charme perdu au milieu de la bruyere etc. Tout un programme !
Et puis, chacun dans nos journées, nous espérons que cette année sera pour Did professionnellement plus sereine, que les projets de la Chambre de
Commerce Franco-Irlandaise se concrétiseront, que Joséphine continuera de s'épanouir autant à la crêche irlandaise...bref, que le travail continuera de nous rendre heureux
!
Enfin, Amis de France, nous voulons vous accueillir toujours plus nombreux ici !
Amis Dublinois, nous voulons consolider nos liens !
Nouveaux arrivants Francais et Irlandais, nous voulons nous lier d'amitié avec vous !
Dans ce cru 2008-2009, quelque chose vous tenterait-il ? A bon entendeur, Salut !
Vous pensez peut-être "exotisme et grosse chaleur" en regardant ces
photos...
Eh bien figurez vous que vous êtes sur la terrasse de notre hotel à Waterville, petite ville balnéaire située au Sud-Ouest de l'Irlande. C'est difficile à croire mais
c'est bien une région paradisiaque que nous avons découvert le week-end dernier avec Adrien et Charlotte, amis français et dublinois.
Le Ring of Kerry est la plus populaire des péninsules irlandaises...et pour nous la plus belle région que nous ayons visitée jusqu'à présent. Les vallées verdoyantes
succèdent à des landes immenses descendant sur des kilomètres vers des criques de sable blanc et des lagunes aux eaux turquoises.
Balades ensoleillées le long des falaises ou des criques, baignade divine dans une eau - on l'avoue - encore un peu frisquette, balades paisibles dans le Parc National de
Killarney (capitale du Comté du Kerry) et dans les villages de la cote , sans oublier une merveilleuse degustation culinaire de produits de la mer tels que turbots ou
homards pour nos diners entre amis...Le Kerry, un petit coin de paradis... si, si, il faut le voir pour le croire !
Un poète a pu dire : "on se croirait aux premiers jours de la planète, tant la nature a gardé son aspect primitif par ses roches amoncelées, ses lacs semés d'îles, ses coulées sinueuses, ses
falaises escarpées, ses tourbières..." Cette citation résume à elle seule le Connemara.
Qui sait pourtant que partout ici les gens furent contraints, pour 10 pence par jour, d'éléver ces petits murs de pierre pour ne pas crever de faim? Terre rocailleuse et dépouillée, la terrible
beauté du Connemara cache bien des souffrances muettes.
Cette région de l'Irlande de l'Ouest est surprenante par ses brusques changements d'aspects, ses brusques changements de climat, ses brusques changements de couleurs...Pas grand chose
de commun, en effet, entre les fjords des Twelves Bins, les falaises où la mer se déchaine tant qu'elle peut près de Clifden, les criques sauvages inondées d'une eau
turquoise, les vastes bocages verts de gris autour de Cong, la quiétude des lacs immobiles où le temps semble s'être arrêté et les sombres et granitiques abbayes ou châteaux
médiévaux, vestiges de la servitude des paysans catholiques...
Tout au long de notre périple, aucune âme qui vive à l'horizon, à croire que le Connemara n'est habité que de vaches brunes et de moutons à têtes noires. Il fallait rentrer dans les pubs
pour se rendre compte que cette région est peuplée et que ses habitants sont marqués, marqués par la rudesse du climat et la pauvreté des lieux (80% des terres sont incultivables),
aussi surement que par l'héritage historique et social laissé par les générations d'antan. Ces Irlandais là n'avaient à l'époque qu'un mot d'ordre pour suvrivre : le sacrifice...
C'était beau, c'était émouvant, c'était surprenant.
Mais c'était aussi Pâques en famille avec Adrien, c'était de bons moments partagés entre nos discussions profondes et nos silences d'hébétude, c'était de joyeux rires et de la
tendresse avec Joséphine, c'était le Connemara...